Le sexe au cinéma est arrivé tardivement. Dans les années 30, l’érotisme est présent, brièvement évoqué mais rarement représenté. Cela peut s’expliquer par le fait que la femme et son corps restent longtemps tabous, que ce soit dans la vie ou au cinéma, le fonctionnement du corps féminin est méconnu à cette époque.  Contrôlé et censuré à Hollywood avec le Code de Production, le sexe n’avait pas le droit d’être représenté à l’écran. Les scènes érotiques étaient donc implicitement présentes par de longues discussions avec beaucoup de texte, parfois aujourd’hui jugées très « kitchs ». Il faudra attendre la révolution hollywoodienne des années 60 afin de se débarrasser des restrictions du Code de Production. 

 La musique n’a pas pour vocation d’accompagner l’action mais elle installe le spectateur et la scène dans une ambiance, c’est donc plutôt une musique d’ornement. La musique permet aussi d’atténuer les actes sexuels représentés à l’écran. En effet, un morceau musical permet de compléter une scène érotique en coupant ce qui peut parfois sembler violent ou vulgaire, les bruits, gémissements ou grognement. Ainsi, la musique donne ici un effet de censure douce et rend la scène plus accessible à tous. Les musiques érotiques passent de douces et sensuelles, jouées par des instruments à cordes pour les scènes romantiques, à un côté plus entraînant et sexuel pour les scènes torrides.

Que ce soit par la musique ou par le film en lui-même, il est important de se questionner sur les effets que le genre érotique provoque sur le spectateur : nous le savons, notre corps réagit devant un film. Pour certains, le genre érotique fait partie de l’éducation sexuelle, pour d’autres, il s’agit de fantasmes dont ils tirent une certaine forme de plaisir, enfin, les scènes érotiques peuvent provoquer un sentiment de gêne ou dans certains cas, de dégoût.