Les diaboliques – Sandric Mitton

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Quand j’ai vu l’extrait pour la première fois, le noir et blanc m’a tout de suite ramené à la musique classique. Mais après la première impression, pourquoi ne pas rajouter de la modernité ?

C’est pour cela que j’ai choisi un synthétiseur pour ma mélodie principale. J’ai malgré tout voulu garder des sonorités « d’antan » et une sorte d’harmonie hybride est née de cette rencontre.
C’est à la fin de ma création que j’ai rencontré une difficulté. J’avais certes réalisé une musique de film mais je ne retrouvais pas mon identité de beatmaker dedans. Malgré l’ajout d’une rythmique assez récente avec des percussions symphoniques je n’étais pas satisfait. C’est alors que m’est venu l’idée de finir la scène avec un véritable beat et pour l’inclure véritablement dans l’œuvre, je me suis servi d’un sample de la BO du film. Après quelques essais, j’ai touché le but et je suis très heureux de vous présenter le résultat.

Sandric Mitton

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955)

Les Diaboliques est un film dont le titre résume parfaitement l’atmosphère. Une scène en est particulièrement représentative : celle de la baignoire. Terrifiante et relativement courte par rapport au reste du film, elle a su marquer les esprits.

Comment faire pour ne pas que la fin d’un film à suspense ne soit pas dévoilée ? C’est une question que beaucoup de réalisateurs se sont posés. Hitchcock avait tenté d’acheter lui-même tous les exemplaires du livre l’ayant inspiré pour Psychose, afin que l’on ne découvre le dénouement que dans la salle de cinéma projetant son film.

Mais si l’anecdote de Hitchcock sur le spoil de Psychose est très connue, il n’est pas le premier à avoir voulu protéger son ending. Clouzot l’a fait quelques années avant le maître du film à suspense : à la fin de son film, un panneau apparaissait à l’écran et priait le public de « ne pas être diabolique ». Une manière de prier le spectateur de ne pas dévoiler la fin du film à quiconque ne l’aurait pas encore vu.

Clouzot avait même donné des directives aux exploitants de cinéma afin de ne pas laisser sortir le public de la salle pendant la projection dans le but de limiter les va-et-vient et ainsi d’éviter les risques de divulgation.

Dans une institution destinée à l’éducation des jeunes garçons, Christina et Nicole, respectivement épouse et maîtresse du directeur Michel Delasalle, s’associent afin d’assassiner l’homme qu’elles ont toutes deux fini par haïr. Mais quelques jours après leur méfait, le corps de Michel disparaît… Les Diaboliques est l’un des plus grands films à suspense de tous les temps.

Après avoir averti la police de l’assassinat de son mari, Christina entend des bruits pendant la nuit. Elle constate que la lumière est allumée dans une pièce de l’école où elle travaille en face de chez elle. Effrayée, elle décide de se lever pour savoir d’où viennent ces bruits. Elle traverse alors les couloirs de l’école mais finit par aller se rafraîchir dans une salle d’eau afin de reprendre ses esprits et se calmer. C’est alors qu’elle découvre son mari à nouveau dans la baignoire. Bouleversée de le voir vivant, elle meurt d’une crise cardiaque.

La scène est particulièrement angoissante et témoigne du savoir faire de Clouzot dans l’art du film à suspens. On y assimilerait quelques ressemblances aux films d’Hitchcock, qui reste bien plus célèbre et connu du grand public que Clouzot.