La Marie du port – Loïc Forestier

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L’extrait est un vieux film en noir et blanc. Les musiques dans ce genre de film sont très peu fournies en basse en général (limitation technique de l’époque) et en « couleur » dans les sonorités. J’ai souhaité expérimenter en composant une bande audio avec beaucoup de synthétiseurs couvrant aussi bien les aiguës que les graves. Dans l’extrait on voit un jeu de séduction puis une scène de colère/tristesse. Pour être décalée, j’ai écrit une musique très linéaire tout le long avec des instruments qui arrivent et qui partent à tour de rôle. Comme l’extrait sur le western, les musiques restent très synthétiques ce qui est incohérent avec l’époque à laquelle le film a été créé.

Loïc Forestier

La Marie du Port (Marcel Carné, 1950)

L’érotisme est omniprésent dans le film malgré son absence de représentation explicite à l’écran. L’amour naissant et le désir sont pourtant bien perceptibles entre les deux personnages. Le baiser entre Marie et Henri, si attendu par le spectateur, n’aura en fait jamais lieu. Une frustration se crée inévitablement et c’est exactement l’effet recherché par le producteur. Le désir entre les deux personnages principaux fait naître un désir chez le spectateur qui ne sera jamais assouvi, malgré le dénouement final où Marie et Henri peuvent rêver d’un futur commun. Ici, le corps et la chair du spectateur ne sont pas spécialement mis en éveil grâce au contact de celle des personnages mais davantage par la tension présente entre les deux corps qui s’attirent.

Henri, un homme d’affaires quelque peu cynique, propriétaire d’une grande brasserie et d’un cinéma à Cherbourg accompagne sa maîtresse, Odile, à l’enterrement de son père à Port-en-Bessin. Là-bas, il fait la connaissance de Marie, la sœur d’Odile, qui a tout juste 18 ans. Il tombe amoureux de la jeune femme. Si Marie n’est pas insensible à son charme, elle refuse toute liaison en dehors du mariage. Henri va alors se retrouver entre ces deux femmes : l’une avec qui rien ne va plus, l’autre avec qui rien n’a vraiment commencé.

La tension physique entre les deux personnages est palpable. Marie, douce, jeune et innocente dévoile ici un jeu de séduction et une audace qu’elle n’avait jamais montré auparavant. Elle tente d’intimider physiquement Henri pour le séduire. Lui, est complètement à sa merci mais la différence d’âge et par extension de maturité se fait sentir. Marie n’est pas à l’aise et se perd dans sa volonté de prendre l’ascendant sur Henri. Elle se dérobe et se décompose lorsqu’elle surprend Odile, sa sœur, dans le lit de son ancien ami. La sensualité et la fragilité de Marie sont présentes tout au long de l’extrait. Lorsqu’elle s’enfuit, Henri tente de consoler une Marie au cœur déchiré.

L’érotisme à proprement parler n’est donc pas traité mais seulement suggéré. La satisfaction n’est pas donnée au spectateur et c’est justement par cette frustration que l’érotisme est créé.